21.03.2011
Le seul moyen de se préserver totalement de la folie, c'est d'être totalement idiot.
21:39 Publié dans Je l'ai dit! | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
19.03.2011
Quand on pose une question idiote la croyant intelligente, on reçoit une réponse intelligente la croyant idiote.
23:49 Publié dans Je l'ai dit! | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
15.03.2011
Il n'y a d'intérêt qui vaille ni à collectionner les amis, ni à collectionner les ennemis.
21:22 Publié dans Je l'ai dit! | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
13.03.2011
3 : La violence est-elle une fatalité? (work in progress)
Je poursuis ma réflexion sur le concept de « vérité ». Je crois avoir cerné les contours que je souhaite lui imprimer, il ne s’agit plus que de trouver les quelques heures qui me permettront de le développer. Mais je suis sur trois fronts : Commenter « l’actualité », mener mon projet à court terme d’essai sur la xénophobie en France, et réfléchir au projet à long terme, de nature philosophique, qui inclut tous les autres.
Au sujet de mon idée de vérité, je peux d’ors et déjà dire ceci : Elle est composée de deux compartiments, l’un relatif aux éléments matériels dont on dispose au prix de la simple observation, l’autre, relatif à une foi dont l’objet ne tient qu’en quelques mots. Dans les deux cas, elle ne se définit pas tant par ce qu’elle « est », que par ce qu’elle « n’est pas ». Au cœur de l’équation que j’aspire à proposer, se trouve la plus intime réconciliation possible avec l’inconnu, inconnu auquel tous les êtres humains sans exception sont confrontés, parce que nous (ne) sommes (que) des êtres humains.
Je poursuis donc, sans discontinuer, ma réflexion à ce sujet. Voici le fruit le plus récent de ma méditation :
La « méthode » que j’entends proposer pour lutter contre « toutes les formes de violence », est, en réalité, une simple méthode de réflexion, une sorte de « guide des bons usages » en matière de développement de la pensée. Il s’agit notamment d’intégrer le risque perpétuellement encouru par tous, et par chacun, de se détourner de la « vérité », en oubliant simplement que l’on n’y a pas davantage accès que ceux qui nous en semblent pourtant les plus éloignés. Il faut notamment, à chaque étape, sans aucune relâche, se demander si « l’autre » ne dispose pas d’éléments qui nous ont échappé, si « l’autre » prend ou ne prend pas en compte les éléments que l’on intègre à notre pensée.
Car la pensée se construit avant tout en opposition à son environnement.
Sans besoin de se distinguer d’autrui, nulle pensée ne verrait le jour, ni "toxique" au regard des idéaux de justice, ni "bénéfique" au regard de ces mêmes préoccupations.
Certes, il est indéniable que suivre de tels préceptes au cours du cheminement de la pensée ne peut que l’empêcher de devenir une menace pour la communauté des hommes.
Mais il est tout aussi évident qu’en cela, ma proposition ne se distingue d’aucune autre morale.
Pourtant, je place en elle de l’espoir, parce qu’en matière de « morale », elle se réduit à sa portion congrue, à telle enseigne que l’on peut y voir le plus petit dénominateur commun à toutes les morales, la rendant, de ce fait, susceptible d’être intégrée au plus grand nombre d’entre elles.
Mon idée est « susceptible » de trouver écho auprès du plus grand nombre.
Mais « être susceptible de » ne signifie rien.
Seul l’avenir saurait juger d’une tentative de ce type.
Et nul ne sait de quoi il est fait.
22:55 Publié dans métaphysique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
Il y a deux sortes d'êtres humains : Ceux qui ne savent pas pourquoi ils agissent, et ceux qui croient savoir pourquoi ils agissent.
22:15 Publié dans Je l'ai dit!, métaphysique, Politique, Société, Tout et surtout rien | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
Des secousses au Japon à la politique en France
A la télé, les « immigrés » et la « laïcité chrétienne » ont laissé place au tremblement de terre nippon.
Les malheurs qui frappent le pays au Soleil Levant nous ramènent à ceux qui frappent le monde, et qui frappent la France.
Je tire trois enseignements de ce qu’il se passe au Japon, tous trois liés au débat politique qui m’intéresse, qui nous attend à l’approche des présidentielles, et qui a pris un départ si calamiteux.
Le premier enseignement, c’est qu’il y a deux sortes de malheurs qui frappent les êtres humains. Il y a les catastrophes naturelles, contre lesquelles personne ne peut rien, et il y a les crimes et délits commis par eux, contre eux, contre lesquels il nous appartient, à nous citoyens, de lutter.
Le temps est venu de réfléchir au nucléaire en profondeur, et sans faux semblants. Le seul constat sur lequel tout le monde s’accordera - alors partons de celui-ci - c’est que le nucléaire présente de sérieux inconvénients.
D’une part, le nucléaire fait, en France, l’objet de marchandages néocolonialistes dont plus personne ne veut. Il faut rappeler que, si la France tenait si fort à être très amie avec Kadhafi, c’était pour lui vendre des armes et une centrale nucléaire. Et aujourd’hui, la France n’a rien de plus pressé que d’éjecter Kadhafi en le bombardant, parce qu’elle s’est trouvée de nouveaux copains à qui vendre des armes et une centrale nucléaire !
D’autre part, les déchets qu’il produit sont sujets aux plus profondes interrogations quant à leur impact sur l’environnement.
Encore, la matière première nécessaire au nucléaire, l’uranium, est acquise par la France, en Afrique, dans des conditions au minimum délictuelles si ce n’est criminelles envers ce continent, tout comme sont acquises les autres ressources.
Enfin, au Japon, nous voyons bien que le procédé est dangereux, surtout dans une zone sujette aux tremblements de terre…
Il faut s’interroger avant de trancher cependant. La première remarque à faire, anecdotique mais tout de même indispensable, c’est que la France n’est pas sujette aux mêmes tremblements de terre que le Japon !
La deuxième remarque, c’est que l’énergie nucléaire, certes, est mauvaise, mais jusqu’à présent, n’est pas venu à la connaissance du grand public de proposition alternative crédible. Il faut bien les allumer ces ampoules, et il y en a beaucoup à allumer!
Voici la conclusion, sous forme d'enseignement, que je tire de ces considérations : Il est très légitime de se demander s'il n'existe pas de solution (nettement?) meilleure que le « tout nucléaire », car le « tout nucléaire » est tellement mauvais, qu’il ne peut pas être la moins mauvaise des solutions envisageables. (Rappelons-nous que la politique est une discipline dont l’unique objet consiste à choisir la moins mauvaises des solutions, puisqu’il n’y en a jamais de « bonnes », sauf à promettre des mirages !) A nous citoyens, d’interroger ceux qui ont réfléchi sérieusement à ce problème, et de porter leurs projets auprès des politiques à l’occasion des présidentielles !
Et puis je tire paradoxalement un constat réconfortant du triste spectacle de « chaos » que je contemple au Japon: La démocratie, décidément, est un bien précieux.
Car le Japon est une démocratie enviable bien qu’imparfaite évidemment, mais une démocratie dont la France peut être jalouse. Car les pays qui ont, après la guerre, accompli une profonde remise en cause, jusque dans leurs fondements, comme le Japon ou l’Allemagne, en ont retiré de précieuses transformations qui manquent à la France.
Songez à ce que le même accident aurait produit dans un pays soumis à l’opacité d’un régime totalitaire, comme ce fût le cas à Tchernobyl ! Nous n’aurions rien su de ce terrible danger ; tout aurait été dissimulé. Au Japon, nous ne connaissons pas encore la fin de l’histoire au jour ou j’écris ces lignes, mais nous voyons les experts japonais livrer une description publique des problèmes auxquels ils font face, des moyens utilisés pour tenter d’en venir à bout, et des dangers potentiels pour la population. Une telle transparence n’a pas de prix, et elle n’est possible qu’en démocratie ! Nul ne sait pour l’instant quelles seront les conséquences, mais tous, nous savons qu’elles seraient bien plus graves sans la démocratie.
Voici, pour finir, le troisième enseignement utile au débat politique que je formule : Il faut se rendre aux urnes ! Ne pas voter, cela fragilise les partis politiques, certes, et on est tenté de les punir tous, mais cela fragilise surtout la démocratie ! Cela ne fait qu’éloigner un peu plus encore le peuple de ses « élites », cela ne fait que creuser le fossé d’incompréhension.
Aujourd’hui en France, il faut voter l’alternance, veiller à ce que la gauche chasse Sarkozy et son Sarkoland. Et tout en le faisant, se préparer à mener le travail de sape nécessaire pour l’obliger à accomplir les profondes remises en question qui attendent la France si elle veut survivre, sur ses pratiques néocolonialistes, sur son obséquiosité envers la puissance des institutions financières. La France, seule, ne peut pas grand-chose. L’aspect le plus violent de l’injustice subie par les français est le fruit d’une injustice mondiale ! Mais c’est à nous, citoyens français, de la pousser à venir en pointe de la lutte contre cette injustice mondiale faite de spéculations boursières, de non redistribution des richesses produites. Et c’est à tous les citoyens du monde de poursuivre le même objectif. La démocratie est leur seule alliée !
21:35 Publié dans Ailleurs dans le monde, Politique, Société | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : japon, sarkozy, politique, nucléaire, présidentielles
12.03.2011
Que cela CESSE!!!!!!!!
Je n’aurai pas tardé à m’éloigner de mon sujet principal, le projet mentionné plus bas, pour pousser ce coup de gueule, dont il se trouve, ça tombe bien, qu’il fait partie.
Aujourd’hui le débat politique en France se résume à deux sujets :
1) Comment va-t-on renvoyer les immigrés chez eux ? (par bateau ? par avion ? à la nage ?)
2) Comment va-t-on protéger la France, et son « magnifique » héritage chrétien, de l’intrusion indésirable des musulmans ?
Trois acteurs occupent l’espace public, dont l’un ne l’occupe, en fait, qu’à travers sa brillante absence : Le FN, qui éructe, bave, jubile, l’UMP qui court derrière en sueur, et le PS, tétanisé devant ce spectacle.
Il faut que ça cesse !
Seul la gauche est en mesure de porter haut et fort le message qui nous sortira de l’impasse : Chacun de ces deux problèmes est TOTALEMENT étranger, c’est le cas de le dire, aux enjeux auxquels notre pays est confronté !
Peut-être la France n’est-elle pas en mesure d’accueillir toute la misère du monde ! Mais s’il y a bien une chose pour laquelle on lui fait confiance, c’est sa promptitude à la rejeter en dehors de nos frontières !!!!! Pas de débat ici !!!! Et si débat il y a, il ne peut porter que sur les préoccupations que cela implique sur le plan de l’humanisme !!!!!
La France n’a AUCUN besoin de s’inquiéter de la mise en péril de son « magnifique » héritage chrétien ! Mais elle a le furieux et urgent besoin de réfléchir aux moyens dont elle dispose pour donner à chacun la place qui lui revient !!!!
Que chacun hurle sa colère de voir le débat confisqué par les plus malveillants, et déserté par les plus lâches !
18:40 Publié dans Politique, Société | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : fn, sarkozy, ump, immigration, ps
11.03.2011
Après l'action... l'action!
Plusieurs semaines de controverse se terminent.
Je vais pouvoir me concentrer sur le projet dont j'en retire l'idée : Formuler un "essai" qui combine un diagnostique de la xénophobie en France, et une série de propositions politiquement envisageables pour la voir se réduire.
Quitte à faire des choses qui ne servent à rien, autant y prendre plaisir! Et moi, je me régale à l'avance des heures de casse-tête, de méditation et d'écriture qui m'attendent.
Ce qui me chagrine, c'est de ne pas mieux commenter "l'actualité", je vais essayer de me garder un peu de temps pour ça. Car Sarko est en train de jouer les Bush en Libye!!!!
01:41 Publié dans Politique, Société, Tout et surtout rien | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
07.03.2011
A un frère
Comme beaucoup, j’ai des frères et des sœurs. Comme beaucoup, j’ai des frères et sœurs de cœur et de sang. Comme beaucoup, j’en ai de sang des entrailles de l’humanité.
Je suis uni à l’un d’eux de façon étrange et singulière.
C’est un frère que j’ai toujours admiré, et même parfois envié.
Je l’ai toujours admiré pour son talent exceptionnel, et je l’ai même parfois envié pour la réussite qu’il lui valait, et le statu qu’il lui donnait.
C’est un frère, parce que nos trajectoires nous invitent à un jeu de miroirs dont nous partageons la conscience, et dont nous tirons un respect fraternel réciproque qui a prouvé sa résistance aux plus dures épreuves.
La première fois que nos chemins terrestres se sont croisés, il y a de cela bien longtemps, ce jour fût placé sous un signe défavorable.
Il ne fallait y voir aucun augure funeste cependant car le Destin est facétieux au point d’aimer mêler le poivre au miel.
Ce jour là, je suis entré en collusion avec mon frère par un mélange d’étourderie et de maladresse, et il m’a renvoyé, durement, à la réalité.
Puis il fallu de nombreuses années avant que nos routes se croisent à nouveau. Pendant tout ce temps, nous avons cheminé parallèlement, mais chacun regardant l’autre comme une bête un peu curieuse, l’un de ces spécimens dont on devine, malgré son apparente dissemblance, qu’il est fait dans quelqu’étoffe commune. Notre relation était façonnée de méfiance, car nous gardions en souvenir l’épisode de notre rencontre, et nous ne pouvions, alors, deviner que nous étions bel et bien frères.
Au delà de la méfiance, je le sais à présent, existait déjà un lien par lequel nous échangions des vibrations codées pour nos esprits, mais pas pour nos cœurs, propres à élever l’âme.
Et puis, un jour, nous nous sommes retrouvés.
Mon frère et moi, portés par un courant propice, nous sommes progressivement rapprochés, et avons fini par franchir chacun le pas qui nous séparait encore de l’autre. Je fus alors en mesure de lui dire mon admiration, et il fut en mesure de me dire la sienne. Bien qu’il demeura évident à tous deux que la discipline commune où nous exercions nos talents lui était bien plus favorable qu’à moi, nous savions tous deux que le contact, l’échange, nous promettaient de précieux enseignements.
Le message que nous avions reçu l’un de l’autre en surmontant l’obstacle de l’orgueil pour nous retrouver en était la preuve.
Mais notre ciel vint à s’assombrir, une fois de plus.
Les anges gardiens ont des raisons que la raison ignore, et le sien, car mon frère en est pourvu, mais moi, je ne le suis pas, se mit à lui insuffler des idées, bien qu’aucunement intentionnellement dirigées contre moi, propres à éveiller mon effroi.
J’ai alors entrepris de les combattre, comme il est une réaction instinctive pour quiconque de combattre ce qui l'emplit d’effroi. J’ai combattu durement, âprement, mu par l’illusion que je pourrais les éloigner de lui, et en les éloignant de lui, les éloigner de moi. Je n’ai pas assez cherché à comprendre pourquoi et comment ces idées avaient pu le gagner, et je le regrette, car cela m’aurait sans doute apporté de précieuses lumières.
Au cours de ce combat, forcément, nos liens se sont distendus, car, bien que nous ayons toujours pris soin de ne jamais prendre l’autre pour cible directement et de manière déloyale, nous nous retrouvions, de fait, sur un champ de bataille, dans deux camps opposés, lui défendant ses positions, moi avançant tête baissée. Nous avons espéré un temps pouvoir dépasser cette zone de turbulence, rétablir la connexion, et recevoir, peut-être, un nouvel enseignement précieux.
Mais plus le temps passait, plus nous comprenions qu’il était inéluctable que nos chemins se séparent à nouveau.
Bien sûr, je n’ai remporté nulle victoire, j'ai renoncé à mon offensive et dus prendre le large pour me mettre à l’abri des idées qui avaient cheminé en lui, pour moi terrifiantes, pour lui, indispensables à la manifestation de la justice.
Peut-être, car les chemins qu’empreinte la vérité pour venir au jour sont impénétrables, ces idées sont-elles indispensables à la manifestation de cette dernière.
Pourtant, il en va de mon salut de me tenir à bonne distance d’elles.
Aujourd’hui mon frère et moi sommes séparés à nouveau.
Le sommes-nous pour toujours, ou ne le sommes-nous que pour nous retrouver un jour, et qui sait, une fois encore nous séparer, ou non?
Une chose est certaine, au delà des fêlures profondes qui peuvent déchirer une toile, ses parties ainsi désunies n’en demeurent pas moins fragments d’un même dessein, de l’œuvre ultime et sublime de la création.
Aussi, ce lien fraternel indéfectible, puisque l’on choisi ses amis, mais pas sa famille, continuera à faire communiquer nos cœurs, quel que soit le codage utilisé ou non au regard de l’esprit, quelles que soient les épreuves auxquelles nous continuerons à être confrontés, l'un envers l'autre, l'un à travers l'autre.
Du cœur, je sais que mon frère en a, et je crois qu’il en a beaucoup.
Du cœur, je ne crois pas en avoir beaucoup, mais je veille toujours à lui tendre l’oreille.
A mon frère.
01:38 Publié dans Vers et prose | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
05.03.2011
News
Le temps me manque, en ce moment, pour traiter les sujets, nombreux, que j’entends explorer ici.
Mais ça va venir !
Jeudi 3 mars, Sarkozy déclarait : « La chrétienté nous a laissé un magnifique héritage de civilisation et de culture. Et, président d’une république laïque, je peux dire cela, parce que c’est la vérité ».
Voilà de quoi nourrir la réflexion que je suis en train de mener sur le concept de vérité, dont j’espère bientôt porter les fruits à votre connaissance.
Je veux en faire la pierre angulaire de ma pensée, de ma « philosophie », de mon « action » politique.
Très brièvement, il s’agit, par ce mot, vérité, de réaliser la fusion, paradoxale, que je tiens pour indispensable, entre doute et foi.
Par ailleurs, je suis en train de réfléchir à un mot qui pourrait qualifier l’attitude que j’entends observer pour défendre la foi dont je suis en train de dessiner les contours à travers le chantier, sous forme du « work in progress » que j’ai entamé.
Je pense à « méta-illuminé ».
« méta » est indispensable, parce que ce préfixe exprime de façon éloquente la mise en perspective, grâce au doute, et par le doute, de ma propre pensée, mise en perspective que j’entends ériger en principe fondamental.
Mais j’hésite encore sur « illuminé », parce que la connotation religieuse, voire sectaire, en est trop importante à mon goût.
En revanche, ce mot exprime bien l’énergie, l’espérance, et finalement la foi qui caractérisent ma démarche.
Je n’aime pas non plus de trait d’union, je préférerais un mot entier, ce qui n’est pas possible avec « métailluminé », ce serait complètement illisible.
En l’absence de mot de rechange pour « illuminé », et je n’en vois aucun, je pourrais bien finir par adopter effectivement méta-illuminé.
Cette préoccupation est secondaire cependant.
Il s’agit en priorité de me pencher plus avant sur le contenu : Elaborer une "morale", une "methode ou méthodologie" permettant de lutter contre toutes les formes de violence, à travers des principes objectifs.
De façon plus pragmatique, je suis aussi, actuellement, plongé dans une réflexion relative au souffle révolutionnaire qui traverse le monde.
Je suis en train d’acquérir la conviction que l’exemple du monde arabe appelle une révolution dans le monde occidental.
Je l’appelle de mes vœux !
Une révolution démocratique, sans violence, sans effusion de sang, une révolution que j’imagine menée, au minimum, à l’échelle européenne, portée par des manifestations monstres sur tout le continent, pour réclamer une remise en cause de l’économie de marché telle qu’elle se présente actuellement, pourvoyeuse d’une extraordinaire violence.
Mais en réalité, c’est en dehors de l’Europe que l’économie de marché libre de toute entrave produit ses effets les plus dévastateurs.
Pourtant, c’est en Europe que les peuples sont les plus à même d’en réclamer la remise en cause, grâce à la démocratie dont ils jouissent.
La thèse que je défends consiste à imaginer que si les gouvernements européens sont mus par l'urgence, parce que les peuples le réclament à corps et à cris, ils n’auront d’autre choix que de peser de tout leur poids sur la scène internationale, fédérés autour du projet visant à légiférer notamment sur la spéculation financière au plan mondial.
Car, tout l’enjeu, me semble-t-il, est de parvenir à des résultats à l’échelle mondiale, sans quoi ils ne pourraient que rester anecdotiques.
Mais peut-être, à défaut, l’Europe a-t-elle les moyens de faire bien mieux, à l'intérieur de ses frontières, que ce qu’elle fait en matière de gestion du capital, de répartition des richesses.
Une chose est certaine : Rien ne pourra se faire à l’échelle d’un seul pays, et rien ne pourra se faire sans une pression populaire forte, commune à toute l'Europe.
Il faut un printemps européen de l’équité qui fasse profondément bouger les lignes.
Si rien ne se passe, j’en suis convaincu, ce statu quo dont les plus faibles souffrent, toujours plus nombreux, toujours plus fortement écrasés par la machine économique, aboutira, d'ici, tout au plus, quelques décennies, à une expression de rejet massivement violente, et les têtes ne tomberont pas symboliquement, elles tomberont tout court.
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02.03.2011
2 : La violence est-elle une fatalité? (work in progress)
(suite du "work in progress")
Je vais livrer ici des réflexions en vrac sur les problèmes, obstacles, et problématiques que soulèvent ma tentative visant à contribuer, à terme, à la création d'une « méthode ou méthodologie de lutte contre la violence ».
L’obstacle le plus évident, c’est celui qui est relatif à l’abysse qui sépare les théories, à plus forte raison lorsqu’elles sont de nature métaphysique, de leur éventuelle mise en pratique.
Après tout, mon aspiration, d’un certain point de vue, est aussi naïve qu’ancienne. Toutes les sociétés, toutes les autorités morales, tous les penseurs, et probablement tous les individus de la terre, depuis que le monde est monde, ont fait ce même rêve : Favoriser le « bien » au détriment du « mal ».
Vu sous cet angle, mon projet correspond à la plus absurde de toutes les utopies.
Et pourtant…
La foi qui me porte vers lui est nourrie d’un certain nombre de considérations sur lesquelles on peut s’arrêter quelques instants.
Il me semble indéniable que l’humanité a accompli un trajet spirituel depuis son apparition, une ligne, non pas circulaire, mais tendant, malgré ses circonvolutions, vers une direction donnée, déterminée par la connaissance.
Au delà des aspects évidents d’éternel recommencement de l’histoire (comme je l’ai rappelé, ce n’est pas parce que quelque chose à toujours été, que toujours sera), au delà des évolutions « superficielles » bien qu’impressionnantes entrainées par la technologie, la conscience, elle aussi, a franchi des paliers.
Les êtres humains ont acquis tout un ensemble de connaissances relatives à leur environnement et à leur propre nature qui a profondément modifié leur regard collectif et individuel sur le monde.
Nous avons appris, notamment, à faire la distinction entre croyance et connaissance, ce qui est, en soi, prodigieux. Et nous n’avons pas seulement appris à en faire la distinction sur les questions relatives à notre environnement physique, mais aussi sur les questions relatives à notre environnement intellectuel, moral, spirituel, psychique.
Nous avons appris à distinguer les limites entre ce qu’il nous est donné d’observer, donc d’apprendre, et ce qui appartient au monde de l’imaginaire, de la foi, ou de l’espérance, la différence entre physique et métaphysique.
Nous avons appris beaucoup de choses aussi sur le fonctionnement de notre psyché, nous avons compris que l’esprit ne constitue pas un bloc monolithique mais un ensemble complexe, paradoxal et contradictoire d’émotions et de pensées.
Nous nous sommes dotés d’un concept extraordinairement puissant et porteur : la science, qui révolutionne la pensée grâce aux clés de la réfutabilité qu’elle impose, permettant, à travers l’évolution et l’adaptation, de resserrer toujours plus étroitement le cercle de la vérité autour de son objet.
Enfin, l’histoire, bien que répétitive, a charrié un ensemble considérable d’enseignements utiles, sur les pièges dont toutes ces connaissances pouvaient prémunir, ou au contraire, dans lesquelles elles pouvaient précipiter avec une force accrue.
S’il y avait un seul caractère déterminé dont cette évolution spirituelle semble revêtue, il résiderait dans sa tendance à accorder toujours plus d’importance à l’individu.
Or, l’individu peut la plonger dans les abîmes, tout autant que l’élever vers la lumière.
C’est pourquoi je veux le placer au centre de ma réflexion.
C’est pourquoi je fais de son caractère sacré le pilier de la foi que j’entends utiliser comme fondation pour ériger cette construction à laquelle j’aspire, chargée d’écarter l’humanité de la violence qui l’a toujours habitée.
Maintenant, je voudrais revenir sur la notion de quête de la vérité.
J’en ai, déjà précédemment, exprimé la difficulté, le caractère paradoxal.
Ma démarche se place précisément au cœur du paradoxe que constitue la recherche de la vérité, car elle repose sur la foi en son existence et en son indivisibilité, tout autant que sur la conscience de son inaccessibilité.
Il serait utile, à ce stade, de m’intéresser de plus près à la définition que je souhaite proposer de la vérité, et des différents compartiments qui la constituent, mais je le ferai plus tard, car dans l’immédiat, je souhaite illustrer le sens et la difficulté de mes aspirations.
En me prétendant chercheur de vérité, en ce qu’elle offre comme procédés permettant de lutter contre les différentes formes de violence, je me place en concurrence avec tous les illuminés, nombreux, que l’on peut dénicher sous chaque motte de terre recouvrant le territoire abritant cette quête.
Je me veux porteur d’un message singulier sur elle, et par la même, je côtoie tous les dangers qui guettent celui qui avance avec de telles prétentions.
La vérité est une denrée qu’agitent volontiers ceux qui en sont le plus éloignés, tous ceux qui, croyant ou voulant la dénicher, se sont vautré dans la gueule béante de l’erreur et de l’illusion, défendant leurs pensées fanatiques avec la foi d’un gourou.
La vérité est en effet une substance aussi précieuse que rare, attisant la convoitise de quiconque est insatisfait de la « soupe » que l’on lui sert à travers les codes sociaux et culturels habituels, son éducation, ou encore, les médias.
Dans le monde tourmenté que nous traversons, où, à la fois, les repaires traditionnels se sont effondrés, et où l’accès à l’information (et à la désinformation) est abondant, les candidats sont nombreux pour aller chercher la « vérité » sur les raisons de leur détresse, de leur souffrance, de leur frustration, de leur incompréhension du monde. Chacun, dénichant un bout de réalité transgressive, un motif légitime de subversion, autant d’éléments qui sont à la vérité ce que l’écaille est au poisson, restitue le reste de l’animal à grands renforts de fantasmes, la plupart du temps morbides et terrifiants, mais toujours censés protéger contre le mensonge, et donc, contre la souffrance.
Tapez sur google « Rotschild » et vous en obtiendrez de nombreuses illustrations.
En un mot comme en mille, la recherche de la vérité s’avère périlleuse au point que regarder bien sagement M6 et TF1, se bourrer la gueule avec ses copains le week-end, et parler de foot sont des activités souvent plus favorables, en ce sens, que l’exercice individuel de l’esprit critique, la pêche active aux informations, sur internet ou ailleurs, pour peu que l’on tombe sur un livre de Thierry Meyssan ou d’autres dans son genre.
Et pourtant, quel miroir aux alouettes prodigieux que la télévision et autres médias dérivés de sa logique d’audience dans leur ensemble, la télévision étant le lieux ou chacun est invité à se bâtir une vision du monde, à défaut de tout autre moyen de le faire, à moins d’avoir le privilège d’être éveillé à la connaissance critique par des circonstances inhabituelles qui ne concernent en rien la grande majorité.
02:28 Publié dans métaphysique, Société | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
01.03.2011
1 : La violence est-elle une fatalité? (work in progress)
La haine, la violence, la destruction et la douleur qui en résulte, sont-elles une fatalité, inéluctables puisque composantes intrinsèquement liées à l’espèce humaine ? Ou bien, au contraire, existe-t-il, potentiellement, des moyens aussi lourds et massifs de lutte contre ces phénomènes que ceux, aujourd’hui offerts par la science, qui permettent de se prémunir contre la maladie?
La violence jusqu’ici observée, en tant que mal équitablement réparti sous toutes ses formes, frappant les individus et les groupes de toutes dimensions, en tous lieux et de tous temps, est-elle appelée à se reproduire indéfiniment aussi longtemps que les humains seront, ou bien n’est-elle indissociable que du stade de développement auquel l’humanité est parvenue à ce jour, développement de la conscience et de la connaissance d’elle-même?
En d’autres termes, la violence est-elle une épidémie contre laquelle il n’existe aucun moyen de lutte, contrairement aux épidémies qui jadis ravageaient la population (peste, choléra), et que la médecine a su contenir, comme elle saura selon toute vraisemblance, à terme, grâce aux méthodes dont elle a su se doter, contenir les prochains périls majeurs qui viendront menacer la santé sous forme de virus nouveaux et mutants, ou de futures bactéries?
Remarque : L’espèce humaine, en ce début de XXIe siècle, fait toujours l’objet d’épidémies qui en déciment les rangs, presque toutes concentrées en Afrique d’ailleurs, telles que le choléra, la typhoïde, l’hépatite, le paludisme, la diarrhée, ou encore la simple famine, autant de maux pourtant aisément traitables qui ne le sont pas, uniquement faute de moyens.
Ainsi, ces ravages ne constituent pas, ne constituent plus des problème de santé à proprement parler, mais, étant des conséquences directes de la misère, dans un monde débordant pourtant de richesses, constituent par la même une expression « passive » de la violence.
Cela revient à dresser le constat suivant :
L’humanité, au cours de son développement, a su se doter, et ce relativement récemment, des moyens nécessaires pour contenir les périls majeurs relatifs à sa santé, lesquels menaces avaient jusque là revêtu toutes les apparences de la fatalité.
En revanche, elle ne montre pour l’instant aucune évolution relative aux périls majeurs dus à sa propre violence.
Ainsi, comme l’illustrent les remarquables progrès accomplis presque d’un seul coup par la médecine, étant parvenue, en un siècle, à résoudre des problèmes qui étaient restés sans réponse pendant les millénaires qui ont précédé, ce n’est pas parce qu’un mal frappe depuis toujours, qu’il continuera toujours à frapper.
Cependant, il existe une différence importante de nature entre les maux physiques, aux origines virales ou bactériologiques, et la violence que l’humanité s’inflige à elle même.
Dans le premier cas, l’ennemi est étranger, distinct de l’homme, alors que dans le second, l’ennemi réside en lui-même, l’ennemi est lui-même.
Cela conduit à penser qu’il n’y a rien de surprenant à ce que le premier ennemi ait été vaincu, puisqu'il est « facile » à identifier, à isoler. Certes, il échappe aux facultés de perception directes dont la nature nous avait dotés, et il fallait, pour le combattre, se doter d’outils plus puissants, il fallait traverser mille coïncidences et circonstances propres à nous permettre d’élaborer une réponse appropriée, conçue à l’aide d’autres outils dont la nature nous a dotés, des outils hyper puissants que sont la faculté de logique et de volonté.
Cela conduit donc, tout naturellement, à se demander s’il en va de même pour l’ennemi qui loge dans l’esprit, sous formes d’émotions, lesquelles émotions animent et suscitent les pensées, elles-mêmes à l’origine des actes qui conduisent aux ravages multiples et variés que nous connaissons.
Si tel est le cas, si ces ennemis peuvent être identifiés et isolés grâce aux outils de la logique, cela suppose une grande connaissance du fonctionnement de l’esprit, tout comme la lutte contre la maladie supposait une grande connaissance des éléments physiques constituant notre corps et notre environnement
Aujourd’hui, en ce début de XXIe siècle, guidé par ma seule intuition, elle-même nourrie des éléments dont je dispose pour les avoir empruntés aux penseurs et découvreurs qui nous ont précédé, et des enseignements de l’histoire, je formule une hypothèse : L’humanité est en train d’achever, à l’heure ou j’écris ces lignes, la mue qui lui était indispensable pour être en mesure d’élaborer, par, et à destination de son propre esprit, des techniques de lutte contre la violence qui y réside pourtant depuis toujours.
J’entends œuvrer à cette entreprise pendant le temps qu’il me reste à vivre, et porter le fruit de mon travail à la connaissance d’autres esprits animés par le même type de préoccupation, pour la mettre au contact de l’indispensable contradiction, de l’indispensable critique, et lui offrir, de ce fait, des opportunités de symbiose aboutissant, in fine, je l’espère, à une forme de « réussite ».
Pour ce faire, je déclare la mort du concept de « raison », inutile, et facteur de confusion.
L’âme et l’esprit, qu’ils soient dissociables ou non, ne sont animés que de deux facultés utiles à cette lutte : La foi, pour y reposer, se détachant ainsi du néant, et se mouvoir, et la logique, pour organiser le fruit de son observation.
De cette association découlent la grandeur, la noblesse, la souveraineté et la beauté de l'espèce humaine, mais aussi son pouvoir de destruction et de chaos.
La foi, bien évidemment, n’a plus le moindre besoin de Dieu, et en ce qui me concerne, je me passe de Ses services. La seule chose qui m’importe, c’est que la question de Son existence ou non existence soit reconnue comme secondaire, si ce n'est parfaitement superflue.
L’objet de mon espérance, c’est qu’il est possible, en offrant à l’esprit une construction dont les fondations idéologiques sont simples et admissibles par tous, des connaissances basées sur la logique, conçues à travers observation, raisonnements et tâtonnements empiriques, qui permettront de concevoir des outils rationnels, dont l’usage échappe à la subjectivité, lesquels outils permettront d’identifier - et de lutter contre - les mécanismes conduisant à la violence, au même titre que les antibiotiques nuisent aux bactéries responsables de la douleur et de la mort, et que les vaccins nuisent aux virus responsables des mêmes maux.
Le fondement idéologique sur lequel je fais reposer mon esprit, celui sur lequel je fais porter ma foi, c’est celui-ci : Tous les êtres humains de la terre, quel que soit le peuple auquel ils appartiennent ou n’appartiennent pas, quelles que soient les croyances qui les animent ou ne les animent pas, quelle que soit la connaissance dont ils sont riches, ou ne le sont pas, sont égaux en Dignité, en Droit et en Devoir envers leurs prochains.
Cette foi est assortie d’une préoccupation majeure, nécessaire pour en guider le cheminement pratique : La recherche de la vérité.
Cette recherche se mène à travers la traque de l’illusion, de toutes les illusions, de la plus petite, la plus anodine, à la plus grande, la plus profonde, en ce qu’elles génèrent des erreurs de jugement éloignant l’action de ses objectifs, et masquent les émotions porteuses, en germe, de la violence.
Cette préoccupation est assortie d’une prise de conscience nécessaire: La réalité forme un ensemble d’une extraordinaire complexité, et dégager la vérité qui la surplombe est une activité d’une immense difficulté, un chemin semé d’embuches et de pièges dont le propre est, justement, d’être dissimulés derrière les aspects de la vérité.
La vérité est un nectar dont on ne peut s’imbiber les lèvres qu’en livrant son âme aux vertiges du doute, qu’au prix d’une traversée funambule sur la corde raide qui surplombe le gouffre de l’illusion.
L’enfer n’est une menace portée que par des chantres du paradis ayant abandonné leur foi et leur logique à la cause d’affects dissimulés à l'esprit, et s'en servant en réalité pour semer la violence, comme autant d’affluents nourrissant un fleuve destructeur.
Il est intéressant de lire la charte du Hamas, à titre d’exemple d’usage détourné, perverti et frelaté de la vérité, un mot qui y revient constamment.
Par ailleurs les idéologies non religieuses qui ont parcouru le XXe siècle, ayant abouti à une entreprise de destruction massive (nazisme, communisme), étaient censées propulser l’humanité, débarrassée de ses ennemis, vers un avenir radieux.
Il est donc important de déterminer des critères objectifs permettant d’analyser la dangerosité potentielle d’une idée, la clé étant de les appliquer en particulier à soi-même.
C’est là toute la difficulté de cette entreprise : elle repose entièrement sur la capacité de remise en cause de l’individu, sur sa faculté de douter, or, le propre du fanatisme, mécanisme permettant à la violence de trouver son expression la plus pure, est de ne tolérer ni doute, ni remise en cause, et de les évacuer très efficacement en son sein.
03:21 Publié dans métaphysique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
27.02.2011
Remaniement in extremis
C’est enfin chose faite, MAM est débarquée. C’est peut-être le moment de la féliciter pour l’ensemble de son œuvre.
Est-il nécessaire de revenir sur les circonstances dans lesquelles elle s’est ridiculisée, mais surtout, a ridiculisé la France aux yeux du monde entier? Le mot « ridicule », d’ailleurs, ne convient pas. Le mot « honte » plus approprié.
Proposer son aide aux « forces de l’ordre » tunisiennes pour l’aider à mater la soif de justice et de liberté de son peuple, envoyer des caisses de bombes lacrymogènes à Ben Ali juste avant sa fuite en guise d’ultime témoignage de fidélité, ce n’était pas assez.
Il a fallu, ensuite, qu’elle livre une description délirante des circonstances dans lesquelles l’avait invitée, au pied d’un avion, à l’insu de son plein gré, Aziz Miled, un gentil homme d’affaire tunisien que l’on croyait méchant, alors que c’était lui-même une victime des vrais méchants.
Passons sur les transactions immobilières de ses parents, il est vrai qu’aucune loi n’interdit aux cons d’être riches, ni de faire des affaires avec des salauds.
Non, ce qui distingue Michelle Alliot-Marie, au delà de son antipathie ostentatoire pour la Justice et la vérité, c’est son abnégation.
Elle a montré un entêtement héroïque, une obstination qui force le respect. Elle est restée, jusqu’à la dernière ligne du communiqué officialisant sa démission, droite dans une paire de bottes crottée jusqu’au genou.
« Je n’ai commis aucun manquement » aura-t-elle martelé tout au long de sa cavale, justifiant ainsi son énergie déployée pour rester en place. Aucun manquement aux règles de la stupidité, cela va de soi, car MAM les a fait siennes en s’illustrant de la sorte, aucun manquement à la loi selon laquelle l’intérêt de l’individu passe avant celui du bien commun.
Que Michelle Alliot-Marie se soit éperdument moqué de constituer, par son unique présence à son poste, un obstacle majeur à la crédibilité de la France dans le contexte d’un agenda international surchargé, qu’elle n’y ait vu aucune raison pour céder sa place, c’est une chose, mais le fait que les dégâts engendrés, par son acharnement, dans sa propre majorité, lui soient restés tout aussi indifférents, méritent les plus chaleureuses félicitations : « chapeau bas » !
Merci, MAM, pour votre loyauté sans faille envers vous-même, pour la limpidité de votre mépris envers tout ce qui n’est pas vous-même, vous avez honoré la politique.
Ce remaniement, c’est aussi le départ d’un autre grand serviteur de l’état, en la personne de Brice Hortefeux. Ce dernier, à l’inverse de sa collègue démissionnaire, s’est illustré, au cours de l’exercice de ses fonctions, par ses atteintes à la législation.
Avec son célèbre « Quand il y en a un, ça va, c’est quand il y en a beaucoup qu’il y a des problèmes », dont la justice a reconnu qu’il s’agissait de propos racistes, ne retenant, à sa décharge, que le caractère privé de cette lumineuse déclaration, le ministre de l’intérieur sortant avait eu le mérite d’être franc. Bien sûr, il faisait allusion aux auvergnats, et il aurait eu tort de démissionner pour si peu, on ne voit pas pourquoi le ministre de l’intérieur devrait être au dessus de tout soupçon de racisme.
On lui doit aussi un euro symbolique, versé en réparation du non respect de la présomption d’innocence dont il s'est rendu l'auteur au sujet d’un haut fonctionnaire que le hasard a voulu proche de MAM, qu’il accusait d’avoir révélé à la presse des informations confidentielles relatives à la fameuse affaire Bettencourt.
Bref, Brice Hortefeux formait, avec sa collègue des affaires étrangères, un duo de choc. La blonde rigide et le pilier de comptoir ont tenu toutes leurs promesses, on peut leur dire adieu sans regret, les défenseurs, en France et dans le monde entier, des principes de liberté, égalité et fraternité, se souviendront longtemps de leurs exploits.
On aurait tort de se réjouir de la fin de ce numéro cependant.
Si Alliot-Marie s’apprête sans doute à traverser une longue période de pelote basque, Hortefeux, lui, est invité à guider le patron dans l’année qui vient. Il ne fait aucun doute qu’il sera de bon conseil, notamment pour mener le magnifique débat sur la laïcité (entendez l’islam) que l’UMP nous prépare avec amour.
Par ailleurs, Alain Juppé est remplacé à la tête des armées par un homme à la morale pour le moins douteuse. Décidément Sarkozy a le chic pour s’entourer des plus grandes lumières de la république. Gérard Longuet compte, à son actif, de hauts exploits. Après avec participé à la fondation du mouvement d’extrême droite « Occident », il fait le coup de poing en compagnie de ses amis, ce qui lui vaut inculpation et incarcération en 1967. Plus tard, en 1972, il rédige le premier programme économique du FN. Bien plus récemment, il se distingue, le 10 mars 2010, en soutenant la candidature de Louis Schweitzer à la tête de la HALDE, jugé plus conforme au « corps français traditionnel » que Malek Boutih. Ca promet.
Je suis impatient de découvrir les prochaines surprises que Sarko et son équipe nous réservent d’ici la présidentielle.
23:22 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : remaniement, hortefeux, mam, alliot-marie, sarko, sarkozy, gouvernement, racisme, ministre
25.02.2011
Dur à avaler
Le magazine Closer est un excellent papier.
Il remplit à merveille son office, à savoir séjourner dans les toilettes en attendant de tenir compagnie aux visiteurs de ces nobles lieux.
Il se trouve que chez moi, il y en a toujours un ou deux qui y traînent, et je ne manque jamais de m’en saisir le moment venu.
On y découvre des choses fort intéressantes.
Certes, le contenu s’avère majoritairement conventionnel, passionnant néanmoins, comme les détails les plus intimes sur la grossesse et l’accouchement de Céline Dion, ou la vie amoureuse de Jean Dujardin et Alexandra Lamy.
On y trouve toujours une vue imprenable sur un string, une recette de cuisine, des témoignages poignants d’inconnus qui vivent des histoires identiques à celle de telle ou telle star, pour mieux illustrer à quel point les gens ordinaires sont des stars, et les stars des gens ordinaires.
Dans le magazine Closer, on trouve aussi de la publicité.
Le numéro 294 affiche en première page la réclame du médicament alli.
Vous savez, alli, c’est ce médicament pour maigrir, mis récemment sur le marché, et délivré sans ordonnance en pharmacie.
Les promoteurs de ce produit sont d’une grande adresse. D’abord, le message est inattaquable, tellement il est responsable : « alli agit si vous agissez », plus bas : « mangez mieux, faites de l’exercice, et prenez alli ». En somme, il s’agit de montrer patte blanche, de prouver que l’on sait reconnaître que ce n’est pas un produit miracle. Il faut dire que l’industrie du régime alimentaire, de l’amaigrissement en général, et plus encore, l’industrie pharmaceutique, sont éminemment suspectes aux yeux du public, et on le comprend ! Gsk, le fabriquant, le sait bien, qui prend les devants.
Et puis, hormis cet astucieux argument de vente qui offre toutes les apparences de la plus grande respectabilité, l’iconographie venant appuyer le propos est excellente. On y voit trois rouages d’un engrenage, l’un d’eux représente une femme sur un vélo, l’autre une pomme, et le troisième, les pilules alli.
Tout cela est tellement bien ficelé que, moi-même, n’ayant pourtant pas le moindre problème de surpoids, j’ai presque envie de prendre ce médicament !
Cela me rappelle une blague juive, que je vais vous conter.
Dans le train, deux hommes sont assis l’un à côté de l’autre.
L’un, juif, suçote sans discontinuer du hareng séché sous l’œil intrigué de son voisin goy.
Remarquant l’intérêt de ce dernier, le gourmet prend alors un malin plaisir à entourer son activité d’une sorte de gestuelle mystérieuse, pour attiser sa curiosité.
Au bout d’un moment, le type ne tient plus :
- Excusez moi monsieur, que mastiquez-vous là ?
- Du hareng séché mon cher.
- Ha vraiment ? Est-ce si délicieux que cela ?
- Pas du tout, c’est infect.
- Ha bon, mais alors, pourquoi ne cessez-vous pas depuis notre départ d’en ingurgiter?
- Parce que, c’est un vieux secret que nous, juifs, gardons depuis toujours : Cela rend intelligent !
- Ha vraiment !?
Le voisin est interloqué. Il se plonge dans une méditation qui dure quelques minutes, puis interroge :
- Mais, ça ne marche qu’avec les juifs ?
- Non, pas du tout, ça marche avec n’importe qui !
Le type n’en revient pas.
- Ha bon ? Ca marcherait avec moi ?
- Absolument !
- Quelle chance ! Pouvez-vous m’en vendre ?
- Oui. Je vous propose ce sachet pour mille kopeks.
- Je vous l’achète !
Voilà la transaction conclue, et l’heureux acquéreur se met à absorber méticuleusement son hareng séché.
Passent une heure ou deux, la destination approche.
Soudain, le type se tourne vers son fournisseur de hareng :
- Mais attendez ! Vous m’avez roulé ! Vous m’avez vendu ce hareng dix fois le prix du marché !
- Vous voyez, ça marche !
Pourquoi acheter alli si l’on fait de l’exercice et si l’on mange équilibré ?
Il n’y a aucune raison de la faire.
Souriez, vous êtes roulés !
CQFD.
23:49 Publié dans Tout et surtout rien | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : alli, closer, médicament, régime, people
24.02.2011
L'âme
L’âme erre par delà mers et hauts séants, par delà mère de tous les vices, part de l’amer, écume les jours vers l’Amérique.
L'âme ourdit son complot, l'amour dit "Je ne me tairai pas!" mais l'art s'emmêle, le sang mêle au drame le son de la vie, sa leçon, son avis.
Sans ces évidences censées, qu'adviendrait-il de nos sens, de l'innocence, et où irait l’essence contraire?
08:01 Publié dans Vers et prose | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
Le problème, c'est que l'on n'est jamais aussi intelligent que quand on n'a pas besoin de réfléchir.
07:43 Publié dans Je l'ai dit! | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
Le racisme : Un tabou nécessaire
Il n’y a pas de société sans tabou.
Les tabous sont intéressants, parce qu’ils illustrent un paradoxe : La liberté de penser ne doit, ni d’ailleurs ne peut respecter de frontière, et pourtant, des frontières, il lui en faut, car la pensée entraine l’expression, et l’expression peut devenir une arme de destruction massive.
Il est très difficile de séparer le bon grain de l’ivraie.
Quels sont les tabous qui posent une chape de plomb sur un territoire injustement privé de lumière, et quels sont ceux qui contrarient la propagation de la putréfaction ?
Par exemple, le passé colonialiste de la France doit-il faire l’objet d’un tabou? Faut-il ne pas trop parler des algériens auxquels on refusait la liberté il n’y a pas si longtemps au prix des pratiques les plus inavouables, ni des peuples africains jadis exploités, infantilisés, asservis comme des animaux pour mieux bâtir l’empire que la France a été, parce que remuer le couteau dans la plaie n’apporte rien, le mal est fait, allons de l’avant ?
Mais ces plaies ont-elles été vraiment traitées? Comment une blessure purulente dissimulée sous un peu d’ouate chloroformée peut-elle correctement se refermer?
Et qu’en est-il des pratiques néo-colonialistes, maintenant que leurs relents insupportables nous arrivent en plein nez, alors que Ben Ali, l’ami de la France, perd d’un seul coup son semblant de respectabilité, alors que Moubarak n’était pas celui que l’on disait, alors que Kadhafi sort du bois, juste après avoir reçu les honneurs les plus obséquieux de la part d’un gouvernement dont les intentions étaient hautement louables, puisque guidées par les intérêts de notre nation ?
Il faut bien vendre des centrales nucléaires. Et des armes ! Qui veut acheter nos armes ? Achetez, achetez, c’est pour le bien de la France et des français.
Pas pour celui des libyens, qui, à présent, se font tirer dessus avec.
Il se peut que certains tabous soient de trop.
Et pourtant, il se peut, aussi, que certains fassent défaut.
Le tabou du racisme n’est qu’un embryon de ce qu’il devrait être.
En France, ce n’est déjà pas si mal, parce que la législation pose, en la matière, des limites à la liberté d’expression, et ce n’est pas le cas partout (pas aux États-Unis par exemple).
Mais les dispositions existantes restent insuffisantes, la preuve, le ministre de l’intérieur peut se permettre des propos racistes sans être inquiété dans sa fonction.
Or, on ne doit pas manger pas son voisin, un adulte ne doit pas avoir de relations sexuelles avec un enfant, et un groupe ethnique, religieux ou socio-culturel, ne doit pas être désigné comme coupable de quoi que ce soit.
On ne peut pas dire : « Violer un enfant de 8 ans, ce n’est pas grave, mais violer un enfant de 4 ans, c’est embêtant. » On ne peut pas dire : « Les arabes, ça va quand il y en a quelques uns, mais quand il y en a beaucoup, ça craint. »
Dans quelle mesure un tabou est-il non seulement justifié, mais aussi nécessaire ?
Lorsque qu’il répond à deux critères indissociables : Le sujet sur lequel il porte, d’une part, ne présente aucune zone d’ombre qui justifie une réflexion, et d’autre part, représente un point de vulnérabilité particulière pour la société.
C’est le cas du racisme dans la France de ce début de XXIe siècle.
En effet, s’il est fort utile d’analyser les causes du racisme, il n’est, en revanche, aucun besoin de justifier de son infamie.
S’il fallait le faire, cela tiendrait en quelques mots : Le propre du racisme est de faire subir à l’individu les conséquences d’un grief conçu à l’égard d'un groupe auquel il appartient sans l'avoir choisi. Or, un individu, jamais, en aucun cas, ne peut se réduire à son appartenance, car son libre arbitre, fondement de la dignité humaine, doit être respecté comme un bien sacré.
Par ailleurs, le racisme constitue, en effet, l’un des principaux obstacles à la cohésion sociale de la France du XXIe siècle, en tout cas le plus douloureux. Notre pays présente une somme de raideurs spécifiques, alors même qu’il abrite des populations particulièrement nombreuses et variées, issues des différentes strates chronologiques et géographiques de son immigration.
La France peut, et doit être fière de sa tradition de terre d’accueil.
Mais son modèle du « vivre ensemble », qui fît, lui aussi, sa fierté légitime jusqu’à la fin du XXe siècle, présente des difficultés croissantes à mesures que l’on progresse dans le XXIe.
La France exige, de la part de ses immigrants, de ses immigrés et de leurs enfants, plus qu’aucun autre pays à la mixité comparable.
Paradoxalement très ouverte à leur assimilation, puisque qu’offrant sa nationalité sur la base du droit du sol, elle exige, en retour, une sacro sainte « intégration » aux allures de sacerdoce.
Drapée des Droits de l’Homme et de laïcité, elle dissimule derrière cette étoffe de vertu un visage bien moins noble.
La réalité sociologique est toute autre, issue, peut-être, d’une monarchie dont elle n’a jamais vraiment bien fait le deuil. Ses privilèges restent en réalité réservés à une caste bien particulière à laquelle n’appartiennent aucun de ses enfants les plus récents. Nul ne le conteste, tous les compartiments de la société sont sclérosés : Accès à l’emploi, au logement, à l’éducation, à la représentation politique ou médiatique.
A chacun son ghetto, les «cités» pour les uns, les beaux quartiers pour les autres.
La France, qui n’offre à ses immigrés que de beaux idéaux, exige d’eux une adhésion corps et âme, et crée ainsi toutes les conditions propices à la frustration et au ressentiment, lesquels engendrent tous les facteurs propices au développement du racisme.
Le racisme est le pire des maux.
Bien sûr, il est urgent d’agir sur ses causes, c’est ce qui importe le plus.
Mais en attendant qu’un long et dur labeur en vienne peut-être un jour à bout, il est plus urgent encore d’en étouffer rigoureusement toute forme d’expression, car il se nourrit de lui-même avec voracité, et englouti dans son ventre hideux les espoirs d’une époque entière.
05:57 Publié dans Société | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : racisme, hortefeux, laïcité, france, xénophobie, colonisation, immigration, intégration
23.02.2011
J'adore le doute et les certitudes qui lui résistent, mais je hais celles qui ne lui sont pas confrontées.
18:55 Publié dans Je l'ai dit! | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
Ne pas se tromper, c'est ne pas exister.
18:53 Publié dans Je l'ai dit! | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
22.02.2011
Rien de pis
S’il l’on veut espérer comprendre quoi que ce soit à l’humaine condition, il faut commencer par en mesurer la singularité.
Nous sommes le fruit de l’improbable rencontre entre le temps et l’espace.
Alors que rien ne semblait les prédisposer à s’unir, pas d’avantage que ne le laisserait envisager un trombone à coulisse et une bouillote, leur étreinte a engendré la matière, entrainant l’univers dans une chorégraphie dont la beauté n’a d’égale que la fantaisie.
Que faisons-nous là ?
Notre présence au sein de cette œuvre géniale, étrange et majestueuse, est insolite. Aucune réponse plausible ne se dégage après examen de la situation. Nous en sommes réduits à des suppositions.
Admettons, par exemple, que l’espèce humaine ait été crée pour assister au spectacle extraordinaire de l’univers, car une telle œuvre méritait, c’est le moins que l’on puisse dire, de trouver son public.
Mais alors, d’où vient cette idée constamment avancée que nous en constituons le personnage principal ? Ainsi, il aura fallu des millénaires de développement, malgré notre intelligence supérieure, pour envisager et finalement comprendre que le soleil ne tourne pas autour de nous. C’est édifiant.
D’ailleurs, il ne nous était donné, par le passé, que d’admirer notre environnement immédiat. Pourquoi aurions-nous dû attendre aussi longtemps pour accéder à "toute" l’étendue de cette représentation, si notre rôle était de la contempler?
Aujourd’hui nous le savons, nous ne sommes que poussière à l’échelle de notre environnement.
Mais cela ne nous renseigne en rien, car si l’hypothèse que nous sommes de simples spectateurs est rejetée, alors, tout naturellement, émerge la supposition inverse : Le cosmos n’est que le décor, et le véritable spectacle, c’est nous, qui jouons notre tragédie sous la lumière des étoiles.
Mais alors, pourquoi de telles aberrations de proportions? Qui offrirait à une poignée de puces savantes un terrain de jeu vaste comme la Toundra pour y réaliser leurs acrobaties ?
Nous sommes un intrus singulier dans un univers étrange.
La condition humaine, c’est cela. C’est être là, sur ce minuscule cailloux, sans savoir du tout pourquoi, ni même vraiment comment nous sommes arrivés. En revanche, nous sommes, c’est bien naturel, obsédés par le besoin de trouver une explication.
Le problème, c’est qu’il n’y en a pas.
Imaginez vous réveiller un beau matin perdu au milieu de nul part… Et que vous passiez le restant de vos jours à essayer de vous acclimater à votre nouvel environnement, sans avoir la moindre idée de ce qui vous a arraché à votre nid douillet.
Et bien, c’est exactement cela, notre sort à tous. Nous voilà expulsés du néant, il faut faire avec.
Alors, mus par l’impérieux besoin d’occulter l’angoisse que procure cette errance, nous nous employons à n’importe quelle tâche, la plus plaisante ou la plus ingrate, pourvu qu’elle remplisse son office : Détourner notre attention du véritable problème, puisqu’il est insoluble.
Parmi ces activités figure en bonne place, dans le monde occidental de ce début de XXIe siècle, la fréquentation des centres commerciaux.
L’invention du centre commercial est un modèle du genre.
Du grand art.
Dans un espace confiné, que l’on a pris un soin extrême à cloisonner dans ses quatre dimensions pour qu’aucun contact avec l’air libre ne soit possible, toutes sortes de divertissements sont proposés, tous plus vains les uns que les autres, et donc, efficaces.
Chacun se réjouit des se délester de ses encombrant deniers dans les caisses enregistreuses, comme se réjouissent les vaches abandonnant leurs pis à la bienveillante succion d’un machine à traire.
22:12 Publié dans Tout et surtout rien | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : métaphysique, philosophie, centre commercial, centres commerciaux, condition humaine

